Comme pour Louis XI, comme pour Richard III, Paul Murray Kendall a voulu, en se penchant sur la vie de Richard Neville, comte de Warwick, tirer du purgatoire, " réhabilliter ", en quelque sorte, une grande figure du XVe siècle dédaignée par les écrivains Tudor et que Shakespeare présente, dans les trois parties de son Henri VI, comme un baron belliqueux dont la voix se perd dans le tumulte d'une époque chaotique.
En fait, Warwick, que l'on surnomma le " Dernier des Barons " et le " Faiseur de Rois ", a joué un rôle prépondérant non seulement dans la guerre des Deux-Roses, mais aussi dans le jeu des alliances européennes, principalement dans les relations entre la cour d'Angleterre, Louis XI et Charles le Téméraire. Descendant par sa grand-mère d'Edouard III, neveu du duc d'York, il apprendra l'exercice du pouvoir en luttant dans le Nord contre les Ecossais, puis, nommé Capitaine de Calais, se taillera une réputation de vainqueur. Ayant défait Henri VI, le roi f