Algérie et Égypte, deux mots qui résonnent dans la conscience de tous ceux qui s’intéressent aux représentations de l’ailleurs. Si Gautier est l’un des maîtres de ce qu’on appelle la littérature viatique, il faut rappeler que son Voyage en Algérie et son Voyage en Égypte sont restés inachevés. Ils paraissent pour la première fois conjointement, révélant du même coup des parentés dans la représentation d’un espace souvent perçu à travers le regard des peintres orientalistes, alors même qu’ils étaient l’un et l’autre en pleine transformation : en 1845, c’est sous la contrainte coloniale que l’Algérie s’européanise, tandis qu’en 1869, c’est par la volonté du khédive Ismaïl que les fêtes d’ouverture du canal de Suez se veulent la célébration d’une Égypte modernisée. Mais dans l’un et l’autre cas, Gautier sait voir ce qui échappe à la logique de la domination occidentale, comme la simple beauté de certains paysages qui constituent aussi, Gautier le pressentait, et dans un sens bien différen
Date de publication30 novembre 2016
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché