Dès qu’on lit Villon, éclate son originalité irréductible : il est
différent de ses mythes et de ses légendes qui le réduisent à un simple dévoyé ou le compliquent à l’excès, différent de lui-même et de ses compagnons de ribote par l’éclair et l’éclat du
génie et par la contraction poignante de la facétie, différent des rimeurs de cour, en dehors de toutes les catégories littéraires et mondaines dans des œuvres qui semblent dépouillées de toute convention.
Si Villon aime à se masquer et à parler par antiphrase, c’est peut-être parce qu’il ne peut contempler son âme dévastée sans écœurement ni révolte. Ces angoisses lui ont permis de survivre parmi les génies de notre littérature, et son œuvre, si travaillée, ne se fige jamais dans une beauté glacée. Des formules fulgurantes nous restituent personnages et scènes, ou traduisent ses obsessions : la pauvreté qui le suit à la trace, l’anéantissement total de la mort… Son style simple, coupé de parenthèses, d’exclamations, d’interrogations,
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché