« Il n’y a de lecteur que le lecteur pensif. C’est à lui que je dédie mes œuvres. »
Si Hugo renonça à cette dédicace, il y avait songé à propos de l’Homme qui rit, de ce roman où il avouait par ailleurs « [avoir] voulu forcer le lecteur à penser à chaque ligne ». Véritable contrat de lecture, cette remarque vient prendre place aux côtés des préfaces des romans de l’exil organisant l’œuvre romanesque en trilogies philosophiques sur l’Anankè ou la Révolution. Plus largement, elle rappelle que le rêve romantique d’accomplir la philosophie dans l’esthétique habita le roman autant que la poésie. Ce travail propose une double réflexion : sur la philosophie romantique et la question de son énonciation romanesque ; sur Victor Hugo romancier, auteur de neuf romans qui parcourent le XIXe siècle, de 1823 à 1874. Contre leur apparente diversité, contre la tentation de lire l’œuvre hugolienne en évacuant la question du genre, il s’agit de redécouvrir une « théorie » du roman formulée autour des ann