Cinquante ans après la mort de Valéry, lecture faite des Cahiers et d'inédits, le grain de son portrait s'est affirmé. Est-il pour Yves Bonnefoy, le fils spirituel sans conflit de Mallarmé ? En quoi "Mon Faust" se démarque-t-il de l'œuvre de Goethe ? Comment styliser "Narcisse" selon la dynamique de Thom ? L'auteur des Cahiers peut-il écrire "Je m'appelle personne"? Ce poète qui a évalué très tôt l'ampleur du tournant épistémologique des années 1900, indépendamment de Mach, a annoncé qu'il entraînerait la dépréciation méthodique de l'individu - notre histoire. Il en a vécu les conséquences, dans le "dialogue des choses divines" poursuivi dans les Cahiers jusqu'en 1945.
Au questionnement philosophique classique délaissé par Valéry, il faut préférer une lecture kantienne voire thomienne de "L'homme et la coquille", dont il reprend le thème tout au long de son existence. L'édification d'une physique qui se suffirait d'être opératoire satisfaisait-elle Valéry ? L'attracteur du "Je" de La J