Le 1er mai 2005, venu de nuit à ma table de travail pour cause d'insomnie,
j'imagine une sorte de livre fait tout entier d'histoires inventées et de souvenirs
mêlés, ces instants de bascule dans l'expérience du jour et des villes, écriture sans
préméditation et immédiatement disponible sur Internet. Même, je le voulais
anonyme.
Je découvrais progressivement qu'il s'agissait pour moi d'une étape importante,
d'un renouvellement. Finaliser chaque jour un texte oblige à ce que les
censures qu'on ouvre, les pays fantastiques qu'on entrevoit, on les laisse aussitôt
derrière soi. Alors naissait un livre fait de ces chemins accumulés, un défrichementimprévu, soumis à la friction du monde et des jours. Est-ce que ce n'est pas
aussi tout cela, le roman ?