La tradition culturelle qui réduit le siècle des Lumières à un champ de bataille où s'opposent les philosophes éclairés et les théologiens attardés est maintenant définitivement discréditée. Un effort d'analyse approfondie et de contextualisation précise s'impose désormais, un effort auquel cet ouvrage apporte une contribution majeure. Au XVIIe et au XVIIIe siècle, érudits, théologiens et libertins interrogent la nature et les fondements des religions et de leurs mystères. Le mythographe commente les fables antiques, le théologien médite les prophéties bibliques, le libre penseur dénonce l'imposture et la crédulité des disciples. Tous s'interrogent sur la manière dont la littérature sacrée et profane peut, au moyen de l'allégorie, à la fois voiler et dévoiler des mystères ineffables ou des vérités ésotériques. On sait que le siècle des Lumières fut celui du triomphe de l'histoire sur l'allégorie, mais on connaît moins la contribution de la critique anti-allégorique à la critique antich