Pour le poète Rabindranath Tagore, le Tâj Mahal était semblable à une larme solitaire posée sur la joue du temps. L'empereur moghol Shâh Jahân fit élever, dès 1632, le célèbre mausolée sur la dépouille mortelle de son épouse, Mumtâz : le Tâj Mahal était le symbole éclatant d'un amour qui se voulait plus fort que la mort et en même temps l'imposant reflet de la toute-puissance du souverain et le plus beau des joyaux jamais sertis dans la couronne moghole. Symbole de la magnificence du Grand Moghol et d'une dynastie alors au faîte de sa splendeur, il porte à son éblouissant apogée un art marqué au sceau de l'éclectisme et de la perfection; il reflète, tel un diamant aux multiples facettes, les nombreuses influences — timouride, indienne, européenne — dont se réclamèrent pour son édification architectes, artistes et lapidaires. Mais le Tâj Mahal est mieux qu'une sépulture grandiose. Par-delà sa destination funéraire, s'inscrit en filigrane la signification allégorique du mausolée, dont le