Par petites touches, Sirine Husseini Shahid nous brosse le portrait d’une famille palestinienne, la sienne, installée à Jérusalem depuis plusieurs siècles et contrainte en 1936 de prendre la route de l’exil pour se réfugier à Beyrouth.
Née en 1920, l’auteur passe son enfance et le début de son adolescence dans cette ville cosmopolite où différentes communautés et différentes religions se côtoient sans hostilité. Mais les souvenirs, teintés de nostalgie, de ces jours heureux n’occultent pas la montée des troubles et de la répression britannique. La résistance palestinienne des années 1930 et 1940 est décrite de façon admirable, comme un mouvement d’hommes cultivés, courageux, se battant pour empêcher l’occupation étrangère de leur pays.
Cette succession d’images intimistes, disposées sur une trame chronologique qui sert de fil conducteur à la narration, permet de prendre toute la mesure du déchirement du peuple palestinien.