Entre les derniers sursauts de l'Empire et les nouvelles monarchies, Élisabeth Vigée Le Brun laisse un recueil de ses Souvenirs, publié de son vivant, à mi-chemin des mémoires et de l'autobiographie, texte hybride, dans lequel s'intercalent des lettres, des poèmes, et dans lequel elle prend soin de brosser un ultime autoportrait. Dans une période où les mémoires d'artistes sont encore rares, la longévité du peintre (1755-1842) lui a donné l'occasion d'élaborer une présentation de soi à un moment où la représentation de l'identité de l'artiste est en pleine mutation. Élisabeth Vigée Le Brun, contrairement à la plupart des mémorialistes du temps, s'exprime à partir de sa renommée. La mémorialiste théâtralise la scène autobiographique et en dégage du sens. À partir de la place qu'elle a occupée, elle tente de comprendre l'histoire à laquelle elle a pris part et fixe les contours de son personnage historique. À ces interprétations s'ajoute le désir de restaurer une réputation que les libel
CollectionBIBLIOTHEQUE DES CORRESPONDANCES, MEMOIRES ET JOURNAUX