Les bûchers illuminent le décor de la Renaissance tandis que les avancées des humanistes apportent de nouvelles lumières à la science. On fera à Michel Servet (1511-1553) l'honneur de deux autodafés : le premier brûla son effigie et ses livres dans la catholique Vienne du Dauphiné, le second supplicia son corps dans la Genève calviniste. Cet Aragonais, qui allait devenir français, quitta la cour de Charles-Quint à vingt ans pour se lancer à corps perdu dans la bataille de la Réforme, insuffisamment radicale à ses yeux. Il publia dès 1531 son premier traité, Sept Livres sur les erreurs de la Trinité. Cet ouvrage brillant et non-conformiste (non démenti par ses Dialogues de 1532 et sa Restitution du Christianisme de 1553) est animé d'un ardent désir de retrouver l'enseignement originel du Christ, et d'un féroce esprit critique contre la théologie. Il y compare la Bible, l'enseignement des Pères de l'Église, les dogmes des églises institutionnalisées et les spéculations de la scolastique.