Les manades de taureaux et de chevaux vivent dans les grands espaces camarguais, paysages ouverts et difficiles dont le gardian connaît les marais, les chemins, les bêtes... Cet ouvrage nous le montre en tenue de travail, depuis le mas ou depuis sa cabane : il harnache son cheval, se met en selle, rassemble les manades pour les mener boire ou paître, il marque au fer les anoubles et les poulains, il sépare les cocardiers du troupeau et les conduit au village où toute la population les attend pour le spectacle : l'abrivado dans les rues, la course libre dans les arènes — et enfin le retour au pré. En tenue de fête, le gardian accompagne les Arlésiennes en costume à toutes les grandes manifestations de la tradition provençale, défilés, jeux, spectacles ; tout s'organise pour mettre en scène la splendeur des robes, la prestance des cavaliers, la sauvagerie domptée des taureaux et des chevaux.
Gilles Martin-Raget, photographe arlésien, en surprenant les gardians dans l'intimit