La Gaule du V e siècle était le foyer de l’une des Églises les plus importantes à l’époque. Face à la disparition progressive de l’autorité impériale romaine, l’Église a dû affirmer son identité propre et déterminer ses relations avec les nouveaux pouvoirs séculiers. Grâce aux canons des nombreux conciles de l’époque, nous voyons les difficultés créées par la nécessité d’imposer une discipline cohérente sur l’ensemble des diocèses, qui s’appliquerait aux laïcs aussi bien qu’au clergé. Les canons révèlent l’influence croissante des monastères, et notamment de celui de Lérins, sur les Églises locales, la dévotion des évêques à la papauté et même l’étendue de la cohabitation des catholiques avec les rois ariens qui remplaçaient les Romains dans le Sud.
Plusieurs de ces canons furent incorporés vers 1140 par le canoniste Gratien dans son fameux Décret, qui devint une des sources principales du droit canon classique. Il est donc e