Pendant les soixante-quatorze ans et les six mois de sa vie comme depuis les deux siècles qui nous séparent de sa mort, il peut sembler aujourd'hui paradoxal qu'on ait tant diabolisé le Marquis de Sade, et qu'on ait si longtemps confondu l'homme et l'oeuvre, jusqu'au point de prendre l'homme et le romancier pour les personnages criminels de ses fictions en général et de son "rouleau" manuscrit, Les 120 journées de Sodome, en particulier. À force d'insister sur le Marquis de l'ombre, on aurait pu oublier le prince des Lumières. Entre le vice et la vertu, entre le soufre et l'encens, les manifestations, les différentes nuances de l'éventail des libertinages qui ont concerné la libération des esprits bien avant de concerner celle des corps, ne relèvent-elles pas à la fois de l'expression d'un grand malaise, d'une terrible révolte et d'une incroyable provocation devant le sentiment d'une prise de conscience existentielle et d'une vie en impasse, d'une société sans issue ?Entre l'âge de 23