Nulle part, saint Thomas ne traite de la sacramentalité de la Parole, du moins en ces termes. Mieux vaut avoir recours à la théologie biblique du Dabar, parole efficace dans la Création et dans la Rédemption (« Dieu parle, et cela est »), ou encore en philosophie à la performativité du langage. S'y ajoute l'idée que les sacrements se définissent par leur pouvoir de procurer la grâce, qu'ils sont des « signes efficaces ». Mais cette définition est de Duns Scot.
Au contraire, pour Thomas, qui retourne sur ce point à Augustin, les sacrements sont des signes avant d'être des causes. La sacramentalité de la Parole est une question de signification. De même que la Parole, les sacrements sont l'épiphanie du mystère. Ils la transmettent comme elle sous le voile de la chair, par la médiation de signes sensibles qui manifestent et procurent la vie divine.
Thomas éclaire ainsi un mystère par un autre : celui de la Parole et celui des sacrements. Leur structure tripartite s'avère parallèle à cel
SérieEtudes
Marque EditorialePAROLE SILENCE
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché