Un continent englouti dans l'océan des âges: c'est à quoi nous fait irrésistiblement penser le roman français du dix-septième siècle. Que reste-t-il en effet de cette production qui ne compte pourtant pas moins de mille deux cents oeuvres? C'est à peine si quatre ou cinq titres _ toujours les mêmes _affleurent à la mémoire.
Et cependant, quel foisonnement! Quelle richesse! Quelle diversité aussi, chez ces Romanciers du Grand Siècle. De la pastorale bucolique de l'Astrée aux aventures mexicaines de Polexandre, de la légendaire Cléopâtre à l'héroïque Mandane, ce ne sont que navigations lointaines, peuplades mystérieuses, captivités, naufrages, évasions, reconnaissances... bref, toutes les séductions du romanesque baroque. Puis vient le règne des romancières, Mlle de Scudéry (si injustement brocardée), Mme de La Fayette, Mme de Villedieu, Mme d'Aulnoy... bien d'autres encore que Maurice Lever nous fait découvrir. Grâce à ces femmes de lettres et d'esprit, le ré