Y est le grand roman de la « négritude » : un exercice de haute voltige à coulisses, à tiroirs, à codes et à noms cryptés où Dan Franck met en scène, en abîme et en masques toutes les situations rocambolesques qu’il a connues dans sa vie antérieure de « nègre ». « Il travaillait pour les autres dans la journée, au premier étage. Il écrivait pour lui-même la nuit, au grenier. Les soixante-deux ouvrages qu’il avait fabriqués sous des identités étrangères avaient été dévorés par des centaines de milliers de lecteurs ; personne n’avait lu ses propres feuillets … » Ainsi vit le personnage de Taro, tiraillé entre le jour, où se croisent agents véreux, éditeurs ambigus, poussières de stars, un magnifique footballeur héliporté (un certain « Z ») entouré de sa horde de parasites, et la nuit où l’obsède l’histoire de ce médecin juif anonyme enlevé au Liban en 1984 en même temps que les journalistes français pris en otage à Beyrouth. Mais voilà que les hasards