Le « nouveau roman » en France semblait avoir abandonné, après Bernanos, Mauriac ou Malraux, tout intérêt métaphysique ou spirituel (exception faite du sursaut récent d’un Bobin ou d’une S. Germain). Il était donc tentant de revenir aux débuts modernes du genre au XVIIIe siècle jusqu’à son triomphe au XIXe pour décrire et comprendre les fluctuations des rapports complexes de ces deux institutions majeures de notre culture que furent le roman et la religion. Des Illustres françaises (1713) aux Travailleurs de la mer (1866), le roman ne cessa d’être confronté, plus ou moins malgré lui, à la question religieuse. Les états successifs de la « conscience moderne » (Ellrodt, 1983) qui imposèrent « la découverte de soi » (Gusdorf, 1948) à l’invention littéraire, le relâchement du lien ancestral du roman, « poème héroïque en prose » (Huet, 1699) avec le genre épique (Bakhtine, 1938), la demande grandissante de réalisme esthétique (Challe-1713, Lesage-1715, Marivaux-1734, Diderot-1762, etc...) l