Antonio de Capmany est, à coup sûr, l'un des esprits éclairés du XVIIIe siècle espagnol qui a suscité le plus d'intérêt - le plus de controverses, aussi - au cours des dernières décennies. Ce polygraphe de talent, pionnier de l'histoire économique en Espagne, a manifesté en outre tout au long de sa vie la plus grande attention à la langue. Traduction (principalement du français), rhétorique, histoire littéraire : tels sont les domaines dans lesquels s'est exercée sa réflexion linguistique, comme en témoignent les ouvrages novateurs qui sont analysés ici, non point seulement pour eux-mêmes, mais par rapport au contexte dans lequel il convient de les situer.
En déclarant, à la fin de sa vie, que son intérêt pour la langue avait toujours été plus politique que grammatical, Capmany confirme que, très tôt, il avait pris conscience des liens qui existent entre langue et histoire. On comprend mieux alors l'évolution de sa pensée et de son attitude (complexe, voire contradictoire), depuis l'en