Au temps où la ville de Ravenne se proclame « capitale de l'Empire romain d'Occident » (Ve-VIe siècles), l'art ravennate exprime le grand souffle du christianisme latin. Il affirme aussi le refus des catholiques de se ranger sous l'autorité des empereurs orthodoxes grecs de Constantinople qui règnent sur le vaste Empire byzantin d'Orient. Ravenne n'est ni orthodoxe, ni grecque, ni soumise à l'Église d'Orient mais se réfère toute au monde romain et latin. De ce constat naît une radicale réinterprétation de l'art et de l'architecture ravennates, sur la base de sources romaines et latines, et ce, par-delà les parentés avec l'esthétique de Byzance.
À Ravenne, les premiers chefs-d'oeuvre expriment, dès le IVe siècle, l'éclat somptueux d'une esthétique chrétienne certes héritière de l'Antiquité mais novatrice. Cette originalité se manifeste rapidement dans les vastes ensembles de mosaïques qui ornent l'intérieur des monuments ravennates et surprennent par leur infinie beauté. Su