Culture, politique, société, famille : la Révolution française marque un tournant sur tous les plans. C¿est aussi vrai du don, puisqu¿au lendemain de 1789 une question inédite se fait entendre. Qu¿arrive-t-il quand ceux qui ont l¿habitude de donner (les nobles) se retrouvent obligés, pour survivre, de recevoir les largesses d¿autrui ? Pour répondre à cette question, Geneviève Lafrance a analysé la représentation des dons dans cinq romans parus à la fin du xviiie et au début du xixe siècle. Elle a aussi voulu savoir ce que pensaient les pouvoirs révolutionnaires de la bienfaisance, de la charité, de la dot, du legs. C¿est du croisement de ces réflexions - les romanesques comme les juridiques - que naît l¿étonnant portrait d¿une époque où les dons sont souvent impuissants à rendre heureux ceux qui les reçoivent comme ceux qui les font. Chacun à sa manière, Gabriel Sénac de Meilhan, Isabelle de Charrière, Joseph Fiévée et Germaine de Staël mettent en cause l¿idéal bienfaisant qui ca