Un spectre hante l'Université française : celui de la déconstruction. Créé par Jacques Derrida à la fin des années 1960, ce concept est devenu, dans l'esprit des réactionnaires de tout poil, le mot-valise désignant tout ce qu'ils haïssent dans la pensée, lorsque celle-ci cherche à émanciper davantage qu'à ordonner. Dégénérescence de la culture, mépris pour les grandes oeuvres, délire interprétatif, amphigouri linguistique, danger politique, confusion sexuelle, licence morale : à en croire les ennemis de la déconstruction, tout ce qui va mal dans le monde lui est imputable. Que signifie la fixation frénétique d'une frange d'intellectuels sur tout ce qui peut ressembler à une pensée différente, inventive et fondamentalement démocratique ? Que cela signifie-t-il, si ce n'est la volonté de policer la pensée et ses institutions, pour mieux, ensuite, policer les corps ? Telle est l'interrogation qui a présidé au colloque « Qui a peur de la déconstruction ? », qui s'est tenu à l'École normale
Poids328 gr
DistributeurUNION DISTRIBUTION - UD
Marque EditorialePUF
CollectionPerspectives critiques
LangueFrançais
Forme de produitLivre
Notes bibliographiques
Cet ouvrage a été dirigé par Isabelle Alfandary, Anne Emmanuelle Berger et Jacob Rogozinski. Isabelle Alfandary est professeure de littérature américaine à l'université Sorbonne-Nouvelle. Son dernier