« Un soir, je retourne au centre S21. C’est un rendez-vous que nul ne m’a proposé parmi les vivants. Je m’assieds au pied du bâtiment principal, et j’attends. Devant moi, l’ancienne école jaunie aux volets bleu clair. Je scrute ces murs que je connais si bien, où je suis venu filmer, des nuits entières, il y a vingt ans. Même une école peut devenir un centre de mort. Surtout une école, s’il faut transformer les êtres radicalement, s’il faut qu’ils consignent leurs vies et qu’ils s’inventent des crimes, électrocutés, frappés, étouffés. Qui entre ici est déjà mort. »
Ainsi s’ouvre le Quartier des fantômes : Rithy Panh, qui survécut enfant au régime khmer rouge puis devint cinéaste, retourne au « centre de la tuerie », con&ccedi