Au moment où Louis XIV affirme ses ambitions océaniques, une vague de récits de voyage et d’objets étrangers déferle sur le royaume, manifestant ainsi l’intensification des circulations intercontinentales et un certain goût pour le lointain. Elle accompagne au jour le jour les expéditions militaires dans la mer Méditerranée et l’océan Atlantique, les explorations en Amérique du Nord et les établissements esclavagistes dans les Antilles et à Cayenne. Les récits sont l’oeuvre des agents impliqués dans cette première mondialisation favorisée par Colbert : colons, flibustiers, officiers de la Marine, missionnaires et marchands au long cours. Si chaque groupe tente d’infléchir l’agenda de la politique maritime et coloniale du Roi Soleil, tous ont en commun de recourir à l’écriture.
En reconstituant les pratiques d’écriture des voyageurs, ce livre met en évidence toutes sortes d’intermédiaires : du libraire pa