Proudhon et Dieu : cette confrontation étonnera, et peut-être détonnera, auprès de ceux qui ne connaissent guère du plus méconnu des grands socialistes du XIXe siècle que sa célèbre apostrophe : « La propriété, c'est le vol. » En revanche, on cite peu la formule non moins paradoxale qui lui fait pendant : « Dieu, c'est le mal. » Il existe pourtant entre l'une et l'autre un lien étroit, qui est la volonté de purger du poison absolutiste l'ensemble des relations humaines. Issu d'une famille dont la pauvreté a laissé peu de place à la dévotion, le jeune Pierre Joseph Proudhon fut un catholique semblable à la plupart de ses contemporains jusqu'à sa quinzième année. S'il « perdit » alors la foi, scandalisé par l'indifférence de la hiérarchie catholique à la condition des pauvres, il n'abandonna pas pour autant toute inquiétude religieuse. Au contraire, on le voit, influencé par le courant traditionaliste et, sous l'emprise de la jeune fille qui paraît avoir été son unique amour, s'imaginer
Date de publication02 septembre 2004
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché