Suffit-il de se dire contre l'antisémitisme - réputé d'extrême droite -, pour ne pas tomber dans les dérives antijuives ? Comme le résume parfaitement Josef Joffe, «dans la bonne société occidentale, il est déshonorant de dire: ?Je hais les Juifs?, mais non ?Je hais Sharon? ou ?Les Israéliens se conduisent comme des nazis? ». Il est même de bon ton de dénoncer sans mesure Ariel Sharon et les Etats-Unis, en la personne de son président Bush (avec ses « conseillers juifs »), suivis de Tony Blair et de quelques autres : tous des « assassins »... La nouvelle pensée-slogan unique, à base d'américanophobie et d'israélophobie, s'est déversée comme une boue noire sur toutes les rives du continent politique : de l'extrême droite à l'extrême gauche. En France, elle s'est colorée d'islamisme, à travers l'alliance avec le prédicateur Tariq Ramadan et sa mouvance. D'où l'apparition d'un nouvel ennemi de la laïcité républicaine : l'« islamo-gauchisme ».