La littérature médiévale devient le sujet du discours scientifique moderne en France pendant la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Le travail de Gaston Paris (1839-1903) s’inscrit dans le contexte de cette ère partagée entre deux perspectives philosophiques, à savoir l’idée pessimiste de la décadence qui privilégie le passé, et la croyance optimiste dans le progrès qui favorise le futur. Fidèle disciple de son temps, le philologue se fait à la fois l’apôtre de la science moderne autant que le maître érudit des œuvres du passé. Cette double focalisation, aussi fascinante soit-elle, est d’un intérêt crucial pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de la discipline, vu qu’elle crée et maintient une tension dialectique qui devient la force motrice des nouvelles découvertes. L’amour courtois est la clef de voûte des travaux de Gaston Paris joignant en son sein, tout en les répartissant sur une nouvelle échelle, les divers points de tensions qui se forment entre les valeurs anciennes et