Nomade dans l'âme, ayant voyagé du Japon au Chili, de New York à Pétra, Pierre Lesieur est aussi un peintre impossible à situer dans la cartographie de l'art actuel. Il est véritablement atopos, à part. Bien que ses oeuvres soient régulièrement exposées en galeries, qu'elles aient fait, au Japon en particulier, l'objet de nombreux hommages, et qu'elles se trouvent dans les collections les plus prestigieuses, il poursuit son travail dans le silence et la discrétion depuis plus d'un demi-siècle. Si sa peinture prend d'évidence ses racines dans la grande tradition française et dans les développements qu'en donnèrent les peintres de la première moitié du XXᵉ siècle, elle ne saurait cependant se réduire à cette filiation, comme pourrait le faire croire une lecture hâtive ; l'influence des arts de l'Orient qu'il a longuement fréquentés, de la miniature persane aux peintures japonaise et chinoise, est plus déterminante encore dans la formation et l'évolution de son style. La fluidité, le sens