Persecutio : le mot puise son origine au latin ecclésiastique, de quoi rappeler qu'entre toutes, les persécutions religieuses disposent dans l'histoire d'un triste privilège, inséparable sans doute du jour où un dieu s'est pris pour le seul. En psychanalyse, le mot doit beaucoup à la paranoïa, qui cultive la persécution jusqu'au délire. Faut-il pour autant en réserver l'usage à la psychose ? La persécution rejette au-dehors la haine, la honte, le désespoir que l'on ne supporte pas au-dedans. Le « il » prend la place du « je ». Car c'est bien, chaque fois, l'étreinte du moi et de l'autre qui s'emballe et tente de se défaire lorsque la peur de ne plus être aimé se transforme en conviction d'être haï. Folie sans doute, mais que celui qui l'écarte complètement jette la première pierre.
Date de publication23 février 2018
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché
DistributeurUNION DISTRIBUTION - UD
Marque EditorialePUF
Livre de pocheOui
LangueFrançais
Notes bibliographiques
Jacques André, psychanalyste, membre de l'Association psychanalytique de France (APF), est notamment l'auteur de L'Imprévu en séance (Gallimard, « Folio essais », 2004), Les 100 mots de la psychanalys