Ce travail interroge l’universalité du fantastique, tel qu’il est usuellement défini. Il le fait en considérant le fantastique selon deux contextes : un contexte occidental et un contexte auquel le fantastique est étranger, au moins en termes de définition et d’approches critiques, celui des littératures arabes. Les critiques arabes empruntent la terminologie critique occidentale mais ne revendiquent pas l’existence d’un genre fantastique. Au regard d’un corpus critique et littéraire occidental, le fantastique se caractérise par deux fonctions essentielles : il est le révélateur et le ressort de la pensée qui le fonde. Les nouvelles fantastiques d’Aymé, de Buzzati et de Pellerin montrent une articulation problématique du singulier et du commun qui défait la mécanique d’une pensée binaire ; en même temps, elles montrent la possibilité de résoudre les paradoxes de cette pensée par l’évocation d’un dehors indéterminé. Le contexte arabe, à travers les nouvelles de Tâmir, de Nasr et de Tûby