Jean-Luc Godard, comme penseur aussi bien que comme cinéaste – dans ses films tissés de phrases autant que d’images –, semble s’être donné pour tâche de voir le temps. Il a l’œil sur l’histoire. Il s’inquiète souvent de la cécité de ses contemporains. Il leur répond par d’inlassables et d’inclassables citations dans lesquelles, pour ainsi dire, le passé est « cité à comparaître ». C’est comme un tribunal qu’il met en place. Mais où Godard se tient-il lui-même dans ce tribunal de l’histoire ? Tour à tour dans le fauteuil du juge, dans celui du procureur, du greffier, de l’avocat et, pour finir, sur le banc des accusés…
Ce livre voudrait interroger les diverses façons dont Godard fait de l’histoire avec les images. Comment fait-il pour « confondre » l’histoire, ainsi qu’il aime dire ? (Mais « confondre », qu’est-ce que cela veut dire au juste ? Confondre les coupables ou bien s’arranger pour tout confondre ?). Comment procède-t-il pour la juger, cette histoire, ainsi qu’il