Lorsque Charles-Joseph de Ligne évoque ses Contes immoraux, il les appelle "mon roman", donnant ainsi à entendre qu'il se serait par ailleurs peu intéressé à ce genre. Le présent volume infirmera ses dires. Les onze ouvrages narratifs rassemblés ici complètent l'intégralité des textes "romanesques" repérés à ce jour, certains partiellement inédits, d'autres qui n'avaient jamais fait l'objet d'une édition critique. Une fois encore, l'étude des diverses versions, manuscrites et imprimées, confirme le "travail d'écrivain" auquel Ligne s'est astreint, quoi qu'il en ait pu dire. Contes philosophiques ou moraux, romans épistolaires ou nouvelles reflètent la variété du genre romanesque durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Cette surprenante diversité témoigne, tantôt de l'évolution de l'écrivain, tantôt au contraire de son attachement à certaines valeurs politiques ou morales. D'autres récits, comme L'Anglais à Paris ou Amabile, témoignent de son talent de pasticheur de Madame de Krüdene