Description Produit
De Vladimir Jankélévitch à Michel Guiomar, de Philippe Ariès à Ernst Bloch, l'hora incerta a toujours fasciné, sans doute parce que s'y mêle, selon la formule de Georges Devereux, l'angoisse de l'objet interne : moi qui parle de la mort des autres, je vais mourir, mais à cet instant rien en moi ne parlera plus…Énigme médicale, gouffre métaphysique, esthétique ambiguë : tout cela est connu, arpenté, illustré ; depuis quelques années cependant, le tabou du cadavre et ses transgressions occupent un pan de plus en plus considérable de la production contemporaine, qu'il s'agisse de littérature, de cinéma, de fictions télévisuelles. Tout se passe comme si, à l'hypertechnicité des romans criminels - avec une particulière mention pour la scène d'autopsie, devenue incontournable morceau de bravoure - correspondait en creux, en absence, une occultation magique de l'inéluctable, lorsque très littéralement, très visuellement, reviennent les morts, mêlés aux vivants, prenant la parole dans les voix