Le monde chrétien, par l'accusation de "déicide", a longtemps justifié la vie errante et fragile des Juifs en diaspora, comme l'Islam plus tard les accusera d'avoir "falsifié" le message de leurs prophètes. À ce destin de peuple paria, les pères fondateurs du sionisme ont refusé de consentir : opprimés comme peuple, les Juifs devaient se libérer comme nation. En ce sens, leur mouvement s'inscrivait dans le droit-fil de la Révolution française, de la sécularisation des cadres de pensée aussi bien que des nationalismes du XIX? siècle. Or, loin de conjurer la judéophobie, le sionisme est tôt devenu, pour les courants de pensée réactionnaires comme pour les idéologies totalitaires, la figure repoussoir de la modernité démocratique, assimilée tantôt à une forme moderne du "complot juif", tantôt au colonialisme et au racisme. C'est pour mieux comprendre le temps des commencements que Georges Bensoussan traite le sionisme comme une question d'histoire et montre comment, au-delà du seul peuple
Date de publication26 février 2026
CollectionFolio histoire 358
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché