En même temps qu'elle est amenée par sa prédilection pour les images, les tableaux et les photographies à découvrir de singulières intrigues au cours de ses voyages ou de ses déplacements professionnels, la narratrice de ce roman s'emploie à relever de subtiles complicités entre trompe-l'oeil et réalités. De telle sorte que, d'entrée de jeu, Nous nous connaissons déjà se présente comme une chronique des rencontres révélatrices, des signes qui éveillent, des concomitances qui surprennent, des feintes de la mémoire, des traversées d'espaces où le temps bivouaque et parfois demeure.
Mais l'essentiel, c'est que voilà un roman où l'on retrouve pleinement le vrai plaisir de la lecture. Nous nous connaissons déjà est, en effet, un texte qui vous plonge tout de suite dans la proustienne jouissance des phrases, une narration qui emprunte à la mer sa houle, ses vagues et parfois ses ressacs, un récit qui parfois même rappelle la manière qu'avait Virginia Woolf de faire entendre que