Comment lire Jean Ray aujourd'hui ? Comment le relire, alors que tout semble avoir été dit depuis les années 2010, notamment dans des monographies (Arnaud Huftier, Geert Vandamne) et l'édition critique publiée par les éditions Alma en dix volumes ? Comment le situer désormais, alors que depuis une vingtaine d'années un nouveau discours s'est imposé, qui consisterait à se dégager de la légende (Jean Ray bootlegger, aventurier au long cours, etc.) pour mettre en avant le caractère unitaire de sa production écrite ?
L'angle ici adopté consiste à aborder Jean Ray « par l'extérieur ». Autrement dit, ce volume de Nord entend passer au crible Jean Ray par l'intermédiaire des écrivains qu'il côtoyait, par les illustrateurs qui ont interprété son imaginaire. Il étudie aussi l'auteur par le prisme d'un imaginaire du nord avec lequel Jean Ray joue, par une image de la Belgique qu'il déjoue, par des mythologies qu'il s'amuse à recréer. Stanislas-André Steeman, Thomas Owen, Henry Livens ou Samuel-H