Description Produit
De 1690 à 1698, Mme d'Aulnoy publie vingt-cinq contes de fées qui la rendent, longtemps, presque aussi célèbre que Perrault. On la redécouvre aujourd'hui. Mondaine accomplie, romancière à succès, aristocrate de surcroît, elle s'empare, avec bon nombre de ses consœurs, de l'humble conte populaire oral pour le faire entrer dans l'espace choisi du salon.
Il s'agit moins, cependant, de réhabiliter une talentueuse conteuse encore méconnue que de saisir les conditions d'émergence, les processus de fabrication ainsi que les enjeux qui sous-tendent l'apparition massive, sur la scène littéraire du temps, du conte de fées féminin. Car les contes sont alors, avant tout, œuvres de femmes. Ancré dans son milieu nourricier, le salon, modelé par les usages et valeurs de l'esthétique galante, largement pétri de culture féminine et moderne, le genre témoigne de la rencontre, admirée ou décriée, consensuelle ou conflictuelle, entre une forme littéraire en voie de constitution et de légitimation, une pra