Convertir, est-ce méconnaître ? Le regard des missionnaires européens sur les « sauvages » américains et les esclaves déportés d'Afrique, leur souci de convertir, ont fourni des données linguistiques et anthropologiques précieuses sur des civilisations inconnues du Nouveau Monde. Le zèle des missionnaires restait marqué cependant d'un ethnocentrisme naïf. Déconcertés, ils condamnèrent généralement le mode de vie des sauvages en l'assimilant à la chute, à l'oubli des traditions, à la trahison de l'Origine. L'Indien demeura le symbole de la décadence qui cumule dans la monstruosité physique et morale les signes de la malédiction divine. Mais les missionnaires se veulent « ouverts » : l'idée optimiste pointe d'une régénération possible des « primitifs ». Fondée sur le monogénisme, la méthode comparative trouve avec Lafitau, au XVIIIe siècle, son théoricien influent. Des réseaux de correspondances culturelles sont ainsi dégagés, et le chaos du Nouveau Monde retrouve sens dans une histoire
Poids1 gr
Date de publication01 octobre 1985
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché