En publiant il y a cinq ans une biographie de Michel Foucault, Didier Eribon avait voulu retracer l'itinéraire d'un homme et de son oeuvre, mais aussi et surtout inscrire l'histoire de cet homme et de sa pensée dans l'histoire plus large de la vie intellectuelle française des années d'après-guerre. Cette biographie fait aujourd'hui référence. Mais son succès même, en France et à l'étranger (16 traductions), a provoqué de nombreuses discussions.
Ce nouveau livre répond aux critiques et s'interroge: qu'est-ce qu'écrire la biographie d'un philosophe? à quelles conditions peut-on faire l'histoire d'une oeuvre, d'une trajectoire intellectuelle? quel rôle attribuer à l'expérience personnelle dans le travail d'un philosophe qui présentait ses livres comme des fragments d'autobiographie? quelle place à l'homosexualité dans une oeuvre qui s'achève sur une histoire de la sexualité? C'est la première partie. Mais il convenait aussi de mettre en évidence qu'on ne peut comprendre un itinérai