Robert Arnauld d'Andilly et son fils, l'abbé Antoine Arnauld, à dix ans d'intervalle (1666, 1676) rédigent des Mémoires. L'un écrit pour l'édification des ses descendants, l'autre pour s'évader du présent : les glorieuses actions d'un côté, les anecdotes curieuses et les menus bonheurs des rencontres amicales, de l'autre. Ces desseins opposées mettent en évidence un antagonisme qui s'exprime en creux dans l'ouvrage de d'Andilly, où le fils, jugé décevant, n'est évoqué qu'à regret, et en un leitmotiv sur les rigueurs paternelles dans les Mémoires d'Antoine. L'ouvrage de ce dernier, critique insinuante de celui de son père, nous propose une deuxième lecture des événements qu'ils connurent ou vécurent ensemble. Contenu et style expriment deux types humain inscrits dans leur temps : les tensions et les démesures de l'homme baroque, d'une part ; de l'autre, les retenues de l'honnête homme, où s'affûtent les rancœurs. Ainsi les mémoires peuvent-ils parfois régler des comptes familiaux. Ils r
CollectionBIBLIOTHEQUE DES CORRESPONDANCES, MEMOIRES ET JOURNAUX