Accusée par Sully, vilipendée par Michelet, Marie de Médicis (1575-1642) ne trouve pas plus grâce aux yeux des historiens récents, qui, s'ils lui reconnaissent des talents de mécène, lui dénient souvent toute intelligence politique, l'accusant même d'avoir bien failli, par son soutien à l'Espagne, entraver la marche triomphale de la France vers le Grand Siècle de Louis XIV.
Or Marie est-elle vraiment cette "grosse banquière" florentine qui, régente à la mort d'Henri IV, conduisit le royaume au bord de l'abîme sous l'influence d'aventuriers italiens prêts à tout., Concino Concini et Leonora Galigaï, et qui, après des années de complots contre son fils, le roi Louis XIII, se vit enfin écartée du pouvoir par un Richelieu dont elle avait pourtant favorisé l'ascension ? S'appuyant sur une lecture attentive de sources parfois inédites, l'auteur s'inscrit à contre-courant de cette historiographie négative et volontiers xénophobe qui n'envisage selon lui l'action de la reine mère