J’ ai en Grande-Bretagne, de chers amis », écrit Marc Bloch au lendemain de « l’étrange défaite » de 1940. Cet aveu récapitule toute une vie, celle d’un historien majeur du xxe siècle dont l’oeuvre a profondément contribué à façonner les contours actuels de la discipline historique.
Or, si l’on s’est plu à reconnaître l’apport de l’École historique allemande dans cette révolution historiographique, l’influence britannique sur la pensée de Marc Bloch est souvent négligée. Pourtant, avant même la signature de l’Entente cordiale en 1904, les échanges instaurés avec l’Angleterre et ses historiens, mais aussi ses économistes, ses juristes, ses ethnologues ou ses sociologues, se révèlent tout aussi déterminants que le « modèle » britannique lui-même.
L’attraction exercée sur Marc Bloch, à travers ses contacts et ses séjours répétés à Londres, Cambridge ou Oxford, a