La diversité du style dans les neufs récits que comptent «Les Ombra» frappe immédiatement le lecteur. Anna Maria Ortese y parle de l'enfance, des familles napolitaines, des rêves qui hantent ou qui bercent, de la foi et de l'absence de foi, et de la solitude. Mais la diversité des sujets abordés n'a d'égale que la virtuosité de l'écrivain à les fondre en un tout harmonieux, chaque récit finissant par en appeler - et en rappeler - un autre. Ainsi, le thème de l'enfance appelle la rêverie, ce qui donne «L'homme de l'île» ; la rêverie fait naître les souvenirs, et son corollaire, la nostalgie, lien qui crée l'émotion diffuse de «La grande rue». Lorsque tout se fond, l'écrivain laisse passer sous sa plume un lyrisme vibrant, et quand elle décrit les transformations d'un paysage perçu par un oeil métaphorique, son écriture devient proprement magique. Les envolées proustiennes d'«Une pièce ensorcelée» en sont le plus bel exemple. Si nombre des personnages sont de doux rêveurs, c'est p
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché