En deux cents ans, la mort s'est médicalisée et, au chevet du mourant, le médecin a remplacé le prêtre. Mais les questions que soulève le rapport des médecins à la mort n'ont guère changé. Que faire face à un malade que l'on sait condamné ? Comment l'accompagner jusqu'à la fin ? Faut-il prolonger ou abréger son agonie, faut-il l'adoucir ? Savoir si le patient est bel et bien mort est une préoccupation qui n'a cessé d'être centrale depuis deux siècles. La recherche d'une preuve incontestable du décès n'est pas seulement affaire de scrupule scientifique, elle est aussi induite par la peur : le grand effroi du XIXe siècle, c'est d'être enterré vivant, et, pour s'assurer qu'aucune étincelle de vie ne demeure, le cadavre fait parfois l'objet de "tortures" effroyables à nos yeux. Depuis, les peurs se sont déplacées ; ce que nous redoutons pour nous et pour nos proches, ce sont ces morts qui n'en sont pas : les comas, les états végétatifs. Quant à l'euthanasie ou à l'"acharnement thérapeutiqu
Poids345 gr
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché