Au XIe siècle, au sud d'Alep, un poète s'isole des hommes jusqu'à sa mort. Ma‘arrî s'astreint jour après jour, durant près de cinquante ans, à des exercices spirituels qui ne regardent personne. Jeûner, méditer, moduler des vers font partie intégrante de son ascèse : pour cet esprit enfermé dans sa cécité, il s'agit de tirer l'existence au clair, dans l'éblouissement aveugle de la poésie. Les Impératifs exigent l'impossible, car vivre est absurde. Ma‘arrî réclame que Dieu parle ; mais seul le vacarme insensé du monde lui répond. La déchéance de la création suscite un cri d'angoisse sans commune mesure avec la tradition poétique arabe. Cette parole âpre et diffi cile, traversée de sarcasmes, de lamentations, de pensées en apparence contradictoires, a-t-elle jamais été véritablement entendue ? Jamais l'islam n'avait essuyé une critique aussi cinglante ; et cette critique vient de l'un de ses plus grands esprits. On a tout écrit sur l'oeuvre ; certains l'ont accusée d'hérési
Date de publication31 octobre 2009
Nombre de pages256
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché