"Un habit c'est une idée qui flotte autour d'un homme", prétendait au XIXe siècle le tailleur Chevreuil. En effet, dès l'avènement des premières civilisations dans le bassin de l'Euphrate, les vallées de l'Indus, le delta du Nil ou encore en Chine, le vêtement, au-delà de sa fonction purement pratique de protection, a également exprimé l'organisation du pouvoir politique et sa répartition dans la société. Du mode de vie tribal à la royauté sacrée, de la dictature à la démocratie, les codes vestimentaires révèlent autant les structures sociales qu'identitaires. Qu'il s'agisse de costumes d'apparat, de fourrures, de peintures tribales ou de coiffes faites de plumes, la parure témoigne du pouvoir de celui qui la porte. Si les sociétés dites "nues" emploient l'ocre, les plumes, le tapa ou les coquillages pour signifier le statut social, ailleurs se sera l'or, les perles ou la préciosité de certains textiles qui marqueront la préséance d'un individu. C'est à une véritable épopée du vêtement