Au commencement est l'émancipation, oeuvre de la Révolution. Ayant désormais accès aux grandes écoles comme à l'Université, quelques Juifs, sous la Monarchie de Juillet et davantage encore sous le Second Empire, entrent dans l'Administration ou siègent dans les Chambres. Mais ce n'est qu'avec la " République des Jules ", imbue de laïcité, d'universalisme, de méritocratie, que plusieurs Juifs d'Etat parviennent réellement aux sommets de l'appareil politico-administratif. Dans le sillage de Gambetta, de Jules Ferry ou encore de Clemenceau, ils entrent en politique, dirigent des préfectures, siègent au Conseil d'Etat, à la Cour de cassation ou dans des cours d'appel, deviennent même généraux.
Cette émancipation par l'Etat est propre surtout à la France et résulte en droite ligne du siècle des Lumières. Les Juifs d'Etat dont on retrace ici l'histoire se montrent en retour littéralement fous de cette République ouverte à tous les talents. Ils la servent et l'honorent avec la foi et l