Au désert de l'amour règne le doux silence. Quel sera le midi, si l'aurore est si claire. Celui qui écrit ces vers dans Les divins élancements d'amour de 1628-1629 (cent cantiques en l'honneur de la Trinité) est un poète de la lumière et des ténèbres, un témoin majeur de ce que Bremond appela l'invasion mystique, et un théologien, capable d'inscrire dans sa poésie les trois qui ne sont qu'un. Claude Hopil, lecteur de Denys l'Aréopagite, de Bérulle, de la plupart des auteurs mystiques, dit le Dieu caché - toujours caché, toujours se révélant. Dans ses chants d'amour qu'inspire aussi le Cantique des Cantiques, il nous fait entendre l'accord profond qui existe entre la mystique et le baroque: forme et fond se confondant chez lui, l'oxymore (Dieu, claire obscurité ou désert sociable) n'est plus une figure de style, il exprime l'impossibilité de définir un Dieu au-delà de tout. On remarque dans l'œuvre d'Hopil, jusque dans ses maladresses ou ses redites, un art très sûr d'adapter les vers à