Il est devenu évident aux yeux de tous que les buts de la guerre du Golfe ne sont pas seulement ceux qu'ils paraissaient être lors du déclenchement du conflit: contraindre Saddam Hussein à se retirer du Koweït, restaurer par la force, sur mandat des Nations Unies, la primauté du droit international sur l'expansionnisme irakien. Il était clair depuis le début que l'Occident ne pouvait tolérer que les énormes réserves mondiales de pétrole que contient la région tombent sous la dépendance plus ou moins directe de Bagdad. Mais, par-dessus tout, la transformation de l'Irak en superpuissance militaire au cours des quinze dernières années _ la quatrième armée du monde, reconnaît-on aujourd'hui _ menaçait d'embraser à brève échéance l'ensemble du Proche et du Moyen-Orient. A fortiori si, comme il était prévisible, Bagdad finissait à très brève échéance par se doter de l'armement nucléaire, face à un ennemi de toujours, Israël, qui en était déjà doté.