Le commerce du livre est avant tout une affaire de territoires : aires linguistiques, territoires géographiques de distribution, frontières nationales circonscrivant des espaces juridiques et des politiques publiques, territoires imaginaires associant des identités à des lieux. Loin d'ouvrir un espace de circulation libre, la mondialisation consiste en une lutte pour la redéfinition des territoires de distribution des produits culturels. Elle s'est manifestée, dans le domaine du livre, par une recomposition de l'espace éditorial mondial à la suite de la chute du Mur de Berlin et de la fin des dictatures militaires dans les pays hispanophones, ainsi que par une forte intensification de la circulation transnationale des livres. Ces évolutions ne sont pas réductibles au processus de concentration, à travers lequel on analyse habituellement les transformations du marché du livre. Elles dessinent